Lors de la création d’une base de données relationnelle, le MCD (modèle conceptuel de données) représente une première abstraction logique de la réalité métier. Il est ensuite transformé en MLD (modèle logique de données) pour permettre la traduction dans un langage exploitable par les systèmes de gestion de bases de données relationnelles (SGBDR). Cette transformation suit des règles précises, qui permettent de conserver la structure des données tout en les adaptant au format relationnel.
Chaque entité devient une table dans le mld
La première règle concerne les entités dites fortes. Chacune d’elles est transformée en une relation, autrement dit une table, dans le modèle logique. Tous les attributs de l’entité sont repris dans cette table, et l’identifiant défini dans le MCD devient la clé primaire du MLD. Si l’entité « Élève » contient les attributs « ID », « Nom » et « Classe », alors le MLD comportera une table « Élève » avec ces colonnes, et « ID » comme identifiant unique.
Les associations sont traduites selon leur cardinalité
Le traitement des associations dépend directement des liens entre entités définis dans le MCD.
- Pour une association de type 1,N, la transformation consiste à intégrer la clé primaire de l’entité côté 1 comme clé étrangère dans la table côté N.
- En cas d’association 1,1, l’ajout d’une clé étrangère dans l’une des deux tables suffit, en fonction des contraintes d’existence.
- Si l’association est de type N,N, il faut créer une table intermédiaire qui contiendra les deux clés primaires, chacune servant de clé étrangère, avec éventuellement des attributs supplémentaires liés à la relation.
Cette approche permet d’éviter les redondances et d’assurer la cohérence des données relationnelles.
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Les attributs d’association sont intégrés dans des tables dédiées
Lorsque l’association ne se limite pas à un simple lien entre entités, mais contient aussi des données propres, une table spécifique est créée. Cette table reprend les identifiants des entités associées, ainsi que les attributs de la relation. Par exemple, si une association entre « Employé » et « Projet » contient un attribut « Nombre d’heures », celui-ci ne peut pas être placé dans la table « Employé » ni dans « Projet ». Il est donc stocké dans une nouvelle table, souvent nommée « Participation », contenant « ID_Employé », « ID_Projet » et « Nombre_d’heures ».
Les entités dépendantes nécessitent une gestion par clé composite
Les entités faibles, qui dépendent d’une autre entité pour être identifiées, ne disposent pas de clé propre. Elles sont donc transformées en tables contenant une clé composée, formée à partir de la clé primaire de l’entité dominante et d’un identifiant local. Cela garantit une unicité d’enregistrement tout en respectant la dépendance fonctionnelle définie dans le MCD.
Les généralisations peuvent être traduites de plusieurs façons
En présence d’un mécanisme de généralisation/spécialisation (par exemple, une entité « Véhicule » avec des entités filles « Voiture » et « Camion »), plusieurs stratégies sont possibles :
- Créer une table par entité fille, chacune héritant de la clé primaire de l’entité mère.
- Fusionner tous les attributs dans une seule table, avec une colonne discriminante pour différencier les sous-types.
- Ou bien, selon le niveau de séparation souhaité, opter pour une table par entité (mère et filles) avec des relations hiérarchiques entre elles.
Le choix dépend souvent des besoins applicatifs, de la fréquence des requêtes sur les entités filles et de l’équilibre entre simplicité de lecture et souplesse de traitement.
Les règles d’intégrité sont conservées dans le mld
Toutes les contraintes définies dans le MCD doivent être retranscrites dans le MLD :
- unicité via les clés primaires,
- relations entre entités via les clés étrangères,
- cardinalités minimales et maximales, traduites par des règles de gestion ou des contraintes NOT NULL,
- dépendances fonctionnelles, assurées par la bonne construction des relations.
Ces éléments garantissent que la structure logique reste fidèle à la structure conceptuelle.
Validation finale du mld avant passage au modèle physique
Une fois toutes les entités et associations converties, il est indispensable de vérifier la cohérence du MLD avant de passer à l’étape suivante. Cette validation passe par :
- une analyse des redondances éventuelles,
- un test de conformité aux formes normales,
- et une relecture complète du modèle avec des cas d’usage simulés.
Cette étape assure que la structure logique des données est claire, exploitable et conforme aux exigences fonctionnelles, sans perte d’information ni conflit d’intégrité.


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