Gestion comptable : est-il prudent d’utiliser un logiciel libre ?

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Utiliser un logiciel libre pour gérer sa comptabilité peut être prudent, à condition de vérifier plusieurs points avant de lui confier les données de l’entreprise. Le caractère libre d’un logiciel ne garantit ni sa conformité comptable, ni la sécurité des données, ni la qualité de sa maintenance.

Des solutions comme GnuCash, Dolibarr ou d’autres logiciels open source peuvent couvrir une partie importante des besoins d’une petite entreprise. Mais la question ne doit pas être limitée aux fonctionnalités disponibles. Il faut également examiner la tenue de la comptabilité, les obligations fiscales, les sauvegardes, les mises à jour, l’accès aux données et la possibilité

🧾 Un logiciel libre peut-il gérer une vraie comptabilité ?

Oui, mais cela dépend fortement du logiciel utilisé.

Certaines solutions libres proposent une comptabilité en partie double, des journaux, un grand livre, une balance, des rapprochements bancaires et différents états comptables.

D’autres logiciels compta libre présentés comme des solutions de gestion ne proposent que la facturation, les devis, les paiements ou le suivi commercial.

Il ne faut donc pas confondre logiciel de facturation et logiciel de comptabilité.

Une entreprise doit notamment vérifier la présence des fonctions dont elle a besoin :

  • plan comptable ;
  • journaux comptables ;
  • saisie des écritures ;
  • partie double ;
  • grand livre ;
  • balance ;
  • rapprochement bancaire ;
  • gestion de la TVA ;
  • clôture des exercices ;
  • export des données ;
  • éditions comptables ;
  • gestion des immobilisations si nécessaire ;
  • production des fichiers requis par les obligations applicables.

Une solution peut être excellente pour gérer les factures sans être suffisante pour tenir une comptabilité complète.

⚖️ Le caractère libre ne garantit pas la conformité comptable

C’est probablement le point le plus important.

Un logiciel libre n’est pas automatiquement conforme aux obligations comptables et fiscales du pays dans lequel l’entreprise exerce.

La conformité dépend notamment des fonctionnalités du logiciel, de son paramétrage, des règles fiscales applicables et de la manière dont les écritures sont enregistrées et conservées.

En France, par exemple, les entreprises soumises à une obligation de présentation de leur comptabilité sous forme informatisée doivent pouvoir fournir leur Fichier des écritures comptables (FEC) dans les situations prévues par la réglementation.

Le logiciel utilisé doit donc être évalué en fonction des obligations auxquelles l’entreprise est effectivement soumise.

La question n’est pas :

« Est-ce un logiciel libre ? »

Mais plutôt :

« Ce logiciel et son utilisation permettent-ils de respecter les obligations comptables, fiscales et documentaires applicables à l’entreprise ? »

🔐 Les données comptables doivent être protégées

La comptabilité contient des informations particulièrement sensibles :

  • chiffre d’affaires ;
  • factures clients ;
  • coordonnées des fournisseurs ;
  • relevés bancaires ;
  • salaires selon les modules utilisés ;
  • données fiscales ;
  • marges ;
  • informations financières ;
  • historiques de transactions.

Le choix d’un logiciel libre doit donc également être analysé sous l’angle de la sécurité informatique.

Le fait que le code soit accessible publiquement n’est pas en soi une faiblesse. L’open source peut même faciliter l’audit du code et la détection de certaines vulnérabilités.

Mais la sécurité dépend aussi de la manière dont le logiciel est installé et administré.

Une installation sur un serveur mal sécurisé peut présenter davantage de risques qu’une solution commerciale correctement administrée.

🖥️ Logiciel libre installé localement ou dans le cloud ?

Le mode d’installation change fortement les responsabilités.

Installation sur un ordinateur

Le logiciel est installé directement sur le poste de l’entreprise.

Cette configuration peut donner davantage de contrôle sur les données, mais l’entreprise doit alors gérer elle-même :

  • les sauvegardes ;
  • les mises à jour ;
  • la sécurité du poste ;
  • la protection contre les logiciels malveillants ;
  • la récupération après panne ;
  • les droits d’accès.

Une panne du disque dur peut devenir un problème sérieux si aucune sauvegarde récente n’existe.

Installation sur un serveur

Le logiciel peut être installé sur un serveur interne ou chez un hébergeur.

Cette configuration permet notamment un accès à distance et une utilisation par plusieurs personnes.

Mais elle ajoute des sujets techniques : sécurité du serveur, certificats, mises à jour, comptes utilisateurs, sauvegardes et surveillance.

Solution hébergée

Certains éditeurs proposent une version hébergée du logiciel libre.

Dans ce cas, l’entreprise ne gère pas nécessairement toute l’infrastructure technique.

Mais il faut vérifier précisément qui héberge les données, où elles sont stockées, quelles sauvegardes sont réalisées et dans quelles conditions elles peuvent être récupérées.

A lire aussi: Dolibarr comptabilité : les différentes fonctionnalités proposées

💾 La sauvegarde est-elle fiable ?

Une comptabilité sans sauvegarde fiable constitue un risque important, quel que soit le logiciel utilisé.

Une bonne politique de sauvegarde doit notamment permettre de récupérer les données après :

  • panne matérielle ;
  • suppression accidentelle ;
  • erreur humaine ;
  • attaque informatique ;
  • corruption de base de données ;
  • problème lors d’une mise à jour.

Une seule copie des données n’est pas suffisante.

L’entreprise doit également vérifier régulièrement que les sauvegardes peuvent être restaurées.

Une sauvegarde qui existe mais qui ne peut pas être restaurée dans une situation d’urgence n’apporte qu’une protection limitée.

Pour une petite entreprise utilisant un logiciel libre, la procédure de sauvegarde doit être définie avant la mise en production du logiciel.

🔄 Qu’arrive-t-il lorsque le logiciel n’est plus maintenu ?

La maintenance constitue l’un des principaux sujets à examiner avant de choisir une solution libre.

Un logiciel peut être techniquement intéressant mais perdre progressivement sa communauté ou ses développeurs.

Lorsque les mises à jour deviennent rares, plusieurs problèmes peuvent apparaître :

  • incompatibilité avec les nouvelles versions des systèmes ;
  • vulnérabilités non corrigées ;
  • problèmes avec les navigateurs ;
  • incompatibilités avec les banques ;
  • difficultés d’installation ;
  • absence de support.

Il est donc préférable de vérifier la fréquence des mises à jour, l’activité du projet, la documentation et la taille de la communauté.

Pour une entreprise, la pérennité du logiciel compte autant que ses fonctionnalités actuelles.

A voir également: Dolibarr en comptabilité : quels sont ses points faibles ?

👨‍💼 Qui intervient en cas de problème ?

Un logiciel commercial propose généralement un interlocuteur identifié.

Avec un logiciel libre, la situation peut être différente.

La communauté peut répondre aux questions, mais cela ne signifie pas qu’une assistance professionnelle est disponible pour chaque problème.

Une entreprise doit donc déterminer qui pourra intervenir en cas de :

  • erreur de paramétrage ;
  • problème de base de données ;
  • perte de données ;
  • problème lors d’une mise à jour ;
  • anomalie dans les exports ;
  • changement de serveur ;
  • besoin de développement spécifique.

Une société qui ne dispose d’aucune compétence informatique en interne peut avoir intérêt à identifier un prestataire capable d’administrer le logiciel avant de choisir cette solution.

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